vivre sur l’ile

OUESSANT : LA MAISON d’AR MARMOUZ FOL .

C’est souvent qu’ogres et sorcières se mettent ensemble, bon nombre de mes amies-amis sont ainsi et je crois savoir qu’ils s’unissent afin de devenir, par l’entremise de l’autre, magiciennes et magiciens de la vie.

C’est le cas de ces deux là, Gérard et Huguette, mais comme ils ont déjà beaucoup œuvré dans l’art de la chrysopée* lui, le croquemitaine, ne dévore plus les passants sur le petit chemin qui borde la maison, et elle la sorcière n’use plus de ses sortilèges pour convertir les cyclistes en lapins de garenne.

De par leur patient ouvrage ils sont devenus des magiciens, mais pas des saltimbanques qui vous illusionnent en grimant des goélands en mouettes ou des tourteaux en homards, non, par leur magie sur ce « bout de la terre battu par les océans » (Victor Hugo) ils ont transformé une maison de pêcheurs en logis digne des fées.
Ils ont commencé, voici bien des années, par débarrasser la bâtisse de sa gangue d’enduit cimenteux qui faisait qu’elle ne respirait plus, ont ouvert des portes et des fenêtres ce qui ne fut pas une mince affaire, cassé des dalles lourdes comme des portes de tabernacle ce qui a endolori bien des dos, descendu les ardoises pour les trier et finalement tout jeté pour faire un nouveau toit.

Après ce travail de titans (enfants d’Ouranos et Gaïa) vint le temps du dedans, réaménager la demeure, y mettre un sol de terre cuite, des parquets en vrai bois, monter des escaliers en chêne de la forêt de Camors (près de Brest), installer chambres, cabinets de toilette, lieu de vie, cuisine … pendant que dehors les hirondelles des murs s’installaient sous les avancées de toit, les faisans et les garennes dans le potager pour son malheur mais il faut bien que tout le monde mange.

Une crèche, abri à moutons, au bout du jardin de fleurs offre un ermitage serein, juste la cour à traverser, cette cour où les parterres ceints de mosaïques d’assiettes bretonnes regorgent de couleurs et de plantes aromatiques.

Le croquemitaine et sa sorcière bien aimée ont ainsi créé AR MARMOUZ FOL-LA MAISON DU SINGE FOL pour accueillir les voyageurs de l’âme.

Le singe fol ? en hommage à ce mythe d’Extrême Orient : le singe fol c’est l’être humain qui va dans tous les sens, saute, monte, descend, se retourne, regarde en haut, en bas, devant, derrière, bref s’agite pour agir. Et ces mouvements désordonnés le poussent petit à petit à s’arrêter, (parfois il faut qu’il en arrive à l’épuisement, à se mettre à brûler-burn out).

Ar Marmouz Fol est à l’image et à la ressemblance de l’île toute entière un lieu et un temps propice pour revenir à la lenteur paisible : s’asseoir et laisser son regard s’unir à la mer.
Et aucune inquiétude à avoir : le Fromveur repart (presque) tous les jours même par gros temps. Par contre je vous conseille, quand vous quitterez l’île, de ne pas trop la regarder s’éloigner de vous : la séparation sera moins forte en fermant les yeux pour la retrouver en rêve.
Un aimant d’Ouessant. F TARCHE

*Voir « Ouessant, Ile de la chrysopée. » Mag centre

Une réponse sur “vivre sur l’ile”

  1. Bonjour, ceci est un commentaire.
    Pour débuter avec la modération, la modification et la suppression de commentaires, veuillez visiter l’écran des Commentaires dans le Tableau de bord.
    Les avatars des personnes qui commentent arrivent depuis Gravatar.

Les commentaires sont fermés.