Ouessant, ile de la chrysopée ….

Ouessant Ile de la chrysopée* de l’âme.

Cela commence au Conquet au moment même où l’apprenti alchimiste quitte la terre, fait un pas sur l’eau avec le puissant Fromveur (4400chevaux).Alors la mer va le mener par ses courants, ses humeurs liées aux vents, le transporter afin qu’il éprouve la sensation d’une séparation d’avec le connu qui va le mener à un bout du monde : « finis terrae-Ouessant ». C’était le premier œuvre : l’œuvre au noir.

En revenant sur terre commence le deuxième œuvre: l’œuvre au blanc. 293      Le voyageur est déposé dans le port du Stiff-la source, cette eau qui sinue parmi les landes, les prés jusqu’à des criques où elle rejoint la grande mer rebondissant sur les granits bleutés, rouges de fer. Cette eau qui vient aussi du ciel, barrant l’horizon d’un trait noir pour ensuite fondre sur le passant ou taper sur les vitres de la maison. Cette eau qui nous lave, entrainant les pesanteurs du passé, jusqu’à ce que jaillissent les premiers rayons de soleil intérieur : l’apaisement, le retour à la lenteur heureuse (parce qu’ici rien ne sert de courir puisque c’est une île !). L’âme devient rieuse, légère.

L’alchimiste de son âme peut alors entamer le troisième œuvre : l’œuvre au jaune. S’épurer, aller vers le plus simple jusqu’au simple un : les promenades le long des baies ou jusqu’aux pointes enseignent comment se lier aux éléments, s’allonger sur la terre, sentir la chaleur du soleil, recevoir la rondeur du vent dans sa paume ouverte, entendre la mer qui part et revient. Le silence parle et les yeux entendent ce qu’ils voient, c’est quiétude. Alors vient le quatrième œuvre: l’œuvre au rouge, celui où tout prend vie, prend sens. Chaque instant peut être source de bonheur dehors : un lapin traverse le sentier dans la lande de Cadoran, l’ombre d’un goéland dépasse le promeneur sur le chemin de Kéguiou, un macareux construit son nid dans le rocher de Rilouet, une brebis ronde rêve debout face au phare de Créac’h, le chevrier à Boughezen soigne ses bêtes « juste pour qu’elles vivent longtemps », le cromlech de Ledenez rayonne de blancheur sous la pluie, les falaises de la baie de Penn ar Roc’h sont semées de fleurs arcs en ciel, l’écume de l’eau enveloppe les galets de la plage de Porz men.

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Aussi une dorade passée au four, sa chair rosée accompagnée d’un verre d’Anjou blanc, des araignées de mer bruissantes sur le tréteau de la marreyeuse, un livre dont le vent lit les pages, une couleur d’orage sur le mur blanc de chaux, un chat à l’affût, un coq à crête rubiconde derrière une petite grille bleue et le bord de la couette jusqu’aux oreilles pendant que le vent embrasse la maison. Et tout cela est possible parce qu’à deux, trois encablures de la source du Stiff, dans un repli à la lisière de la lande de Cadoran-la chaise, s’est assise, installée la maison d’AR MARMOUZ FOL (c’est une autre histoire !), un lieu où usant de vos cinq sens vous pouvez faire votre chemin de lumière : transformer le plomb : le noir, le poids et aussi le résistant, le protecteur, le malléable en or : la lumière, l’intangible et aussi la chaleur, la richesse de votre âme.

Un aimant d’Ouessant. F. TARCHE

*Chrysopée? : l’art de faire de l’or par transmutation des quatre éléments : la terre, le feu, l’air, l’eau pour les (al) chimistes, et pour nous les humains l’art d’améliorer notre état d’âme par l’union des quatre énergies du corps, de l’agir, de la pensée et de la relation.

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